Meuse : quotas de sangliers à la hausse









27.11.12 à 05h30

Meuse : quotas de sangliers à la hausse


Population de suidés en hausse et recrudescence de visites de terres céréalières ces dernières semaines ont encouragé les chasseurs, les agriculteurs et la préfecture à élargir le plan de chasse.




La saison de chasse bat son plein mais comme le laissaient présager les observations du printemps et les comptages de l’été, la population de sangliers a fortement augmenté.
Les enseignements des saisons 2008-2009 où le gibier avait provoqué d’importants dégâts dans les cultures ont été tirés.
Pour ne pas revivre la même situation de tension avec le monde agricole, des réunions ont été organisées en préfecture avec le président de la Fédération de chasse de la Meuse, Michel Thomas, et le président de la Chambre d’agriculture, Jean-Luc Pelletier. Ces entrevues étaient d’autant plus importantes qu’une recrudescence des « attaques » a été déjà observée durant le mois d’octobre et ces derniers jours dans les secteurs traditionnellement les plus à risques suscitant l’agacement du monde agricole.

2.695 bracelets de plus

Si le volume des dégâts sur les récoltes 2012 s’est inscrit pour le moment dans la même tendance à la baisse que lors des deux précédentes années, il n’est pas question de laisser la situation dégénérer alors que les semis de céréales d’hiver commencent à sortir. D’autant que les éléments à risques sont plus nombreux : la fructification forestière faible cette année pousse les animaux vers la plaine pour se nourrir et après le coup de gel de février dernier qui a détruit les dernières céréales d’hiver, les cultures de maïs sont, cette année, plus importantes.
Le plan de chasse 2012-2013 a donc été réexaminé. Avec à la clef une sérieuse augmentation du volume de suidés à éliminer. « La première attribution était d’environ 15.860 sangliers. Nous avons décidé de l’augmenter de 2.695 bracelets au prix réduit de 20 € au lieu de 73 € en moyenne. Le challenge est de prélever plus pour un coût moindre par bête afin d’être moins embêté dans les années à venir.
Aujourd’hui, nous avons limité le volume de dégâts et il faut que cela continue. L’envolée des prix des céréales pèse de plus en plus sur nos finances. Compte tenu des observations de population et de dégâts depuis le début de la saison, nous faisons le pari d’éliminer davantage. Et cela avant même les demandes supplémentaires de décembre qui se feront aussi au prix de 20 €. Nous avons aussi tenu compte des spécificités des massifs en appliquant un pourcentage progressif. Ainsi, nous avons augmenté de 10 % pour la classe 4, 15 % pour la classe 3, 20 % pour la classe 2 et 25 % pour les secteurs les plus problématiques en classe 1 », explique Michel Thomas. Avec une préférence de distribution des bracelets aux territoires situés à l’intérieur et en périphérie des secteurs les plus sensibles.
En choisissant d’anticiper et de revenir à des prélèvements dignes de ceux d’il y a deux ans, la Fédération de chasse, la Chambre d’agriculture et la préfecture, dans le cadre de la Commission départementale de la chasse et de la faune sauvage (CDCFS), jouent le pari de l’apaisement et de la responsabilité. Selon Michel Thomas, les chasseurs, ayant bien conscience que l’année est atypique, ont plutôt bien accepté cette nouvelle donne.


 http://www.estrepublicain.fr/meuse/2012/11/27/sangliers-quotas-a-la-hausse