Une battue ordonnée par le préfet à Hirtzfelden (Haut-Rhin)

Le pays.fr 16/03/2011 par Elisabeth Schulthess
Une cinquantaine de sangliers ont été tués samedi, à Hirtzfelden (Haut-Rhin), lors d’une battue ordonnée par le préfet. Les locataires de la chasse dénoncent un carnage, des irrégularités et l’absence d’éthique.

C’est un scandale ! Les lieutenants de louveterie ont opéré sans considération pour les animaux avec une soixantaine de fusils. Ils ont laissé une laie et un sanglier morts sur le chemin. Ils n’ont pas recherché les bêtes blessées qui errent dans la forêt. De nombreux jeunes marcassins crient famine : les mères allaitantes ont été abattues, dénonce Paul Schubnel, locataire de la chasse de Hirtzfelden.
Samedi matin, Robert Dubich, président des lieutenants de louveterie du Haut-Rhin, s’est rendu à Hirtzfelden avec 48 chasseurs, sur ordre du préfet : Nous avions pour mission d’en abattre le plus possible car les dégâts de sangliers ont considérablement augmenté dans tout le massif de Hirtzfelden : 924 ares en 2009, 1 682 en 2010. Soit 143 000 € de dégâts à payer aux agriculteurs. Nous sommes intervenus sur 120 ha et avons bougé 150 sangliers. Nous en avons abattu 38 qui ont été vendus à un marchand de gibier. J’ai veillé à ce que tout soit nettoyé proprement.

Paul Schubnel a déterré marcassins et fœtus pour montrer l’ampleur du carnage.

Après le départ de la louveterie, les locataires de la chasse ont découvert un charnier de boyaux en forêt. Des pattes dépassaient d’une fine couche de terre. Après constat de la Brigade verte, nous avons ouvert le charnier et trouvé une cinquantaine de marcassins tout jeunes et 56 fœtus, explique Paul Schubnel. La gendarmerie estime qu’il y avait plus de 200 kg de viscères enterrés alors qu’au-delà de 40 kg, il faut appeler l’équarrisseur.Les locataires de la chasse conviennent qu’il faut réguler la population de sangliers : Nous en avons abattu 160, au lieu des 120 prévus. Sur notre lot de chasse, les dégâts ont diminué, évalués à 13 000 €. Mais il faut respecter l’animal et son bien-être. Ici, c’était un vrai carnage, de la barbarie, loin de l’éthique du chasseur…
Nous ne sommes pas des cow-boys, dit Robert Dubich. Nous agissons sur ordre du préfet. Les locataires de la chasse, l’association Sauvegarde faune sauvage et la Fondation Brigitte Bardot ont décidé de porter plainte.


Chasse



Le Fonds d’indemnisation dénonce « une mise en scène »


le 23/03/2011 à 00:00 par L. M.

Dans un communiqué signé de son président Jean-Daniel Maechling, le Fonds départemental d’indemnisation des dégâts de sangliers du Haut-Rhin revient sur les conditions dans lesquelles s’est déroulée une battue administrative sur un territoire de chasse de Hirtzfelden («L’Alsace » des 15 et 17 mars).



Ce que Jean-Daniel Maechling trouve « choquant », c’est surtout ce qu’il qualifie de « macabre mise en scène » des résultats de la battue, « orchestrée », selon lui, « par le chasseur local pour essayer de se blanchir et de se dédouaner de l’action de l’administration, qui n’avait pour seul but que de régler la situation intolérable qu’il a lui-même créée ». En l’occurrence, M. Maechling fait allusion au quota de chasse que le locataire n’aurait pas rempli, alors que ce dernier affirme avoir abattu « 160 (sangliers), au lieu des 120 prévus ».
Pour plus de deux millions d’euros de dégâts


Regrettant que les lieutenants de louveterie, qui ont encadré la battue, soient « depuis, montrés du doigt », M. Maechling rappelle, par ailleurs, le « contexte difficile » créé par la surpopulation de sangliers. Il rappelle ainsi que, dans le Haut-Rhin, « les sangliers ont commis quelque 2 090 000 € de dégâts dans les cultures en 2010, soit un doublement de la facture en trois ans ». Évoquant aussi le risque d’accidents pour les usagers de la route, il situe ensuite l’intervention de Hirtzfelden dans le cadre du « Plan national de maîtrise des sangliers, crée en 2009 par le ministère de l’Environnement », et de l’obligation faite aux préfets de « mettre en œuvre les mesures nécessaires à la diminution des populations ».


« Évidente surdensité »


Enfin, le président du fonds d’indemnisation rappelle que la battue de Hirtzfelden résulte « d’une décision du préfet visant à la destruction de ces animaux nuisibles en évidente surdensité » et décrit la situation trouvée sur place comme celle d’un « véritable élevage en plein air ». Enfin, la preuve que « la population pléthorique de ce massif nécessitait une intervention drastique » serait « l’état sanitaire » des animaux abattus, dû au « dépassement flagrant de la capacité d’accueil naturelle du milieu ».


Conclusion, pour M.Maechling : « Les lieutenants de louveterie ne sont pas les responsables d’une telle situation et n’ont fait qu’exécuter efficacement la mission qui leur avait été confiée. »


le 23/03/2011 à 00:00 par L. M.


Les chanceux !!! Une battue réussie, efficace et qui fait réfléchir...
Bon, mise en scène ou pas, c'est vrai, il aurait été plus sage de faire le ménage avec l'équarissage ! Cependant, on en parlerai pas ainsi.