Les agriculteurs veulent lutter contre les sanglier

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ALLEMAGNE, KLAISTOW : un jeune verrat est debout à côté de sa mère le 28 mars 2011 dans un parc de cerfs à Klaistow, en Allemagne orientale. Les porcelets perdent leur manteau rayé caractéristique après environ trois à quatre mois et le remplacent d'un manteau brun uni. PHOTO D'A.F.P. PATRICK PLEUL. ALLEMAGNE



06/11/2012 12:19 pm
La Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FNSEA) et les Jeunes Agriculteurs ont demandé l’organisation de battues administratives et l’assouplissement des règles de chasse concernant les sangliers.
Les dégâts provoqués sur les exploitations agricoles se seraient intensifiés ces derniers mois en raison d’une augmentation des populations de sangliers. Les forêts françaises abriteraient plus de 2 millions de sangliers selon Le Figaro. Avec une réserve cependant, puisque les estimations disponibles sur le niveau des populations de sangliers restent incertaines comme le souligne l’Office national de la chasse et de la faune (ONCFS).

Renforcer la régulation des populations de grand gibier a été jugé nécessaire en janvier 2012 dans le cadre de la mission sur les dégâts de grand gibier menée par les ministères de l’Ecologie et de l’Agriculture. 60% des 35 000 accidents provoqués par des animaux sauvages en 2008 impliquaient du grand gibier - des sangliers pour 36% d’entre eux. Le rapport de cette mission s’est appuyé sur « un certain nombre de signaux inquiétants tels que l’augmentation constante du niveau des indemnisations payées par les fédérations départementales des chasseurs au titre des dégâts du gibier ».
Il révèle que les dégâts sur les exploitations agricoles liés au grand gibier au cours de la saison 2009-2010 ont coûté 47,8 millions d’euros aux fédérations de chasseurs.
Le rapport de mission gouvernementale fait état d’ « abus » en ce qui concerne l’agrainage, c’est-à-dire le nourrissage des sangliers par les chasseurs.
Il propose « de poser le principe de l’interdiction de l’agrainage sauf l’agrainage dissuasif ».
 Pierre Athanaze, président de l’ASPAS (association pour la protection des animaux sauvages), explique plus précisément que l’agrainage « favorise l’accroissement des populations de sangliers et engendre des dommages très importants aux cultures. La préfète de la Meuse a décidé d’interdire l’agrainage et on constate, au bout de deux années seulement, que la population de sanglier est en baisse et que les dégâts liés aux cultures ont diminués de 30%. Ce que les chasseurs ne sont jamais arrivés à faire ».



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Une pilule contraceptive pour limiter la population des sangliers?

Une pilule contraceptive pour limiter la population des sangliers?
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Publié le mardi 25 décembre 2012 à 07h50


 




La prolifération des sangliers et les moyens d'y mettre un terme suscite une polémique.C.C.

Contrairement au président de la fédération de chasse du Var, le docteur en biologie Jean Crousillat affirme que des méthodes contraceptives pourraient très bien fonctionner
À l'heure où les sangliers sont partout et pénètrent jusque dans les cœurs de ville en multipliant les dégâts, tant chez les agriculteurs que les collectivités et les particuliers, Jean Crousillat, docteur en biologie et ancien membre « longue durée » de la commission départementale de l'ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage) sort de sa réserve marseillaise pour donner sa vérité sur la situation. S'il affirme n'avoir rien contre eux, les chasseurs, qu'il a côtoyés pendant des années à Cotignac, sont directement visés par ses réflexions. Et leur président, Marc Meissel, n'est pas épargné par ce franc-tireur réputé pour être un empêcheur de tourner en rond…
Tourner en rond, c'est justement ce que reproche Jean Crousillat à Marc Meissel, coupable, à ses yeux, de tenir un double discours, très imprécis… Outre qu'il pointe plusieurs incohérences dans les propos tenus par le président dans nos colonnes le 17 novembre (lire par ailleurs), Jean Crousillat s'interroge aussi sur les réelles motivations des chasseurs dans cette affaire… Il ne le dit pas vraiment. Mais la question qui émerge de ses réflexions est limpide : les chasseurs veulent-ils vraiment réguler la population de sangliers ou tiennent-ils avant tout à conserver le plus de gibier possible à portée de fusil ?
« Pourquoi, sinon, cette opposition à l'utilisation d'une technique contraceptive qui a fait ses preuves ? » « En 2004, le National Wildlife Research Center, organisme scientifique américain de renommée mondiale, a mis au point et utilisé avec succès un vaccin contraceptif, le Gonacon, pour lutter contre la prolifération du cerf à queue blanche. Testée aux USA sur d'autres espèces, cette molécule a entraîné une infertilité d'un à quatre ans. Enfin, un laboratoire de recherches scientifiques anglais de très haut niveau a, en 2008, testé le Gonacon sur le sanglier. Les résultats sont significatifs : la vaccination reste active pendant plusieurs années… », affirme le scientifique.
Trouver des solutions équilibrées
Aujourd'hui, compte tenu du fléau que sont devenus les sangliers, Jean Crousillat propose donc à nouveau à la fédération de chasse - et cela aussi pour « éviter la mort de la chasse » - d'intervenir pour que les vaccins contraceptifs soient enfin utilisés. Sera-t-il entendu ? Dans la mesure où il ne l'a pas été lorsqu'il siégeait, dans les années quatre-vingt-dix, à la commission départementale de l'ONCFS, Jean Crousillat ne se fait pas d'illusions.
Lui, en tout cas, estime que dans cette affaire il a toujours cherché à trouver des solutions équilibrées et qu'il a voulu lutter contre la prolifération des sangliers, à cause de ses conséquences financières et sanitaires, jamais contre les chasseurs… Et pas plus contre leur président.
 

 
 
 
 
 
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Campagnes à feu et à sangliers, Par MICHEL HENRY Envoyé spécial dans la Meuse et la Somme




http://www.liberation.fr/societe/2012/12/21/campagnes-a-feu-et-a-sangliers_869415

Enquête Ils retournent les gazons, ravagent les récoltes, percutent trains et voitures et pullulent. Reportage dans la Somme et dans la Meuse où chasseurs et agriculteurs traquent les porcs sauvages, ou bien craquent.

Des sangliers labourent votre gazon, vident l’écuelle du chien, se baignent dans votre piscine, bloquent votre train ou détruisent vos cultures de maïs ? Ne cherchez plus : Xavier Crêté est l’homme qu’il vous faut. «On m’appelle, j’interviens. Je suis spécialisé dans les trucs infernaux. J’envoie les chiens, je fais sortir les gus de la pièce de maïs. Si le gars a quelques bracelets (1), on essaye de "réaliser", de tuer quelques bêtes.»Le colosse raconte ça, sans la ramener, écroulé dans son fauteuil, au soir d’un beau samedi de chasse en compagnie d’un sénateur, dans la Somme qui l’a vu naître. Il a tué lui-même «deux grosses laies», son gilet, en rentrant, était taché de sang : «Excusez-moi, je viens de dépecer quatre bêtes.» La cheminée prussienne crépite. «J’ai tué mon premier à 17 ans, le second à 35 ans : il n’y en avait pas à l’époque.» Désormais, ils pullulent. Il dit qu’il en a tué «200 ou 220» en 37 saisons.

Xavier Crêté, 55 ans, est traqueur. Avec ses chiens, il sort les sangliers de leur planque et les rabat vers les chasseurs, qui tentent de les tuer quand ils ne tirent pas «comme des pies». Si les sangliers sont blessés ou menacent ses chiens, il les finit à l’épieu, une dague qui ressemble à la lance de Rahan. «On doit être cinq en Somme à faire ça.» Pas loin du toréador. Cela s’appelle «servir» le sanglier : «Ce n’est pas un geste anodin. C’est noble. On va quand même lui ôter la vie.»
Le technicien en alimentation animale en a tué 170 à la dague, outil qu’il préfère au fusil, malgré le risque induit. «Je me suis fait déshabiller deux ou trois fois. Et j’ai sauvé la vie à deux gars. Je suis chargé 10 à 15 fois par an. Un sanglier lancé, ça coupe comme une lame de rasoir. Quand ça se sent coincé, ça saute aux parties blanches, au visage, aux mains.»


«Mi ej su Picard !»

La flamiche aux poireaux brunit au four. Passé le premier whisky sur glace, Xavier nous parle d’un joli plat de résistance : Robert. «Ah ! Robert», soupire-t-il en montrant un crâne sur la commode. «Il m’a mis vingt chiens au tapis. Un animal mythique, le sanglier de ma vie. Il faisait rêver tous les chasseurs de la région.» Il hésite. «Je vais être un peu ridicule, mais on s’est parlé. Une fois, je l’ai en face, je lui dis : "Robert ! Fous-moi le camp, on va se faire mal tous les deux !" Les chiens m’engueulaient.»


Mais il le laisse filer, puis court trois ans après lui. Et le retrouve le 5 décembre 2009 sur la plage de Fort Mahon. «Robert me regarde un bon moment puis me dit : "Moucheron, dégage de là." Il me charge. J’ai de la chance. C’est lui qui est là», sur la commode. Ci-gît Robert, 171 kilos, 2,20 mètres de long, «un ours, il a fallu six marins-pêcheurs pour le tirer». Quand Crêté a sonné la mort, «des centaines de personnes sont venues, tout le monde klaxonnait : "Ils ont eu Robert !"»

Nous voici dimanche matin dans la campagne. Le jour se lève sur le bocage, il fait beau et froid, on s’équipe pour chercher d’autres Robert. Quand le maître d’équipage sonne la trompe, ses chiens se précipitent dans la camionnette Jumpy marquée d’un autocollant «Mi ej su Picard !» («Je suis picard»). Certains ont dormi dedans pour ne pas rater le départ. Des fox-terriers pour la plupart. Petits mais gourmands : la meute mange dix tonnes de croquettes sur l’année. Il y a Titus, Duvel, Vodka, Highland, Fitou, Absinthe, Guinness… Et Whisky : «Un sanglier lui a coupé la queue, il a une oreille fendue, plus de sexe», mais court comme jamais. «Une laie qui mord un chien, elle le coupe en deux», dit Crêté. Quand ils sont blessés, il opère sur place. «Si c’est musculaire ou cutané, je recouds moi-même. L’an dernier, j’en ai recousu une bonne vingtaine. En cas de poumon perforé ou d’artère coupée, je bloque avec la pince à clamper, puis c’est le véto.» Si ce n’est pas de l’amour, tout ça. «On est en communion», dit-il, assurant : «Quasiment tous mes chiens sont morts au champ d’honneur.» Pas de larmes à verser : «Les gens de la ville ont inventé la sensibilité.»


Xavier Crêté chasse trois fois par semaine, soit 120 à 130 battues par an. Il y perd 15 kilos. «J’en ai besoin», rigole-t-il. Pour lui, la chasse, c’est «passionnel et passionnant». Mais, dans l’affaire, il y a un hic, qu’il ne va pas régler tout seul : la surpopulation des sangliers. Leur quantité a été multipliée par cinq en vingt ans. Il s’en tue 500 000 par an, mais ça ne suffit pas, car leur nombre reste stable. Et le plus beau tableau de chasse, c’est le sanglier qui l’a. Le roi des dégâts.

Chez les particuliers, il soulève les grillages, retourne le gazon, plonge dans la piscine et n’arrive plus à en sortir, laissant la surprise de son cadavre - et un joli casse-tête pour l’en sortir. Chez les maraîchers, il bascule les pêchers à terre pour dévorer les fruits. Chez les horticulteurs, il mange les bulbes. Dans les vignes, il aspire les raisins par grappes. Vaillants et puissants, les sangliers percutent des trains, les forçant à l’arrêt : le TGV Nantes-Lyon dans l’Yonne, début novembre, le Marseille-Bordeaux fin novembre à Marmande. Il traverse routes et autoroutes : 16 797 collisions en 2008, dont 500 dommages corporels. Intelligent et audacieux, il se planque près des zones urbaines, où on ne peut le chasser, puis se perd en ville. Il a fallu en abattre un dans le centre de Besançon, le 8 décembre. On en a vu à Chambéry en octobre. A Berlin, on en comptait entre 5 000 et 8 000 en 2008. Les pires dégâts ont lieu dans les cultures.

Entre actions et représailles


Dans la Meuse, un agriculteur se désole : «Quand vous arrivez le matin et que vous voyez votre champ retourné, vous avez vraiment les nerfs.» Céréalier à Euville, Etienne Maillard fait visiter les champs alentour : tous portent les griffures des sangliers à la recherche de vers et de limaces. «Ça a un nez incroyable et une capacité de fouissement extraordinaire. Ils peuvent même creuser le chemin.» Et pas gênés : «Ils sont venus chez nous manger des pommes sous le pommier.»

Ce glouton adore glands et châtaignes, et à l’automne 2011, la fructification forestière a été importante. Résultat : de nombreuses naissances en 2012, et beaucoup de dégâts. Avec une fructification plus faible cet automne, les problèmes de surpopulation seront peut-être moins aigus en 2013. Mais il y a un revers : faute de glands, les sangliers sont sortis des forêts pour fureter dans les cultures, surtout le maïs, qui concentre 40% des dégâts agricoles. Les prairies leur font également grand plaisir, ils retournent les bouses pour chercher des vers. Le sanglier ne crache pas sur les insectes, les charognes, les rongeurs, les nids, voire l’herbe ou les poubelles. Grégaire, nomade et robuste, il n’a pas d’autre prédateur que l’homme.

La régulation de l’espèce ne repose que sur la bonne volonté des chasseurs, qui est souvent faible, par peur du manque. «Là où on peut compter sur eux, ça va, dit Etienne Maillard. Sinon…» Certains agriculteurs, à bout, évoquent d’éventuels répulsifs, d’autres imaginaient des contraceptifs. Mais dans le Var, un chasseur a rétorqué : «Et la capote, c’est toi qui vas leur mettre ?»

Excédés, les agriculteurs ont créé en 2008 une association, Robin des champs. Opérations coup-de-poing, manifs… Certains, à bout, ont tué des sangliers avec leurs tracteurs ou leur 4x4. «Quand vous en voyez un, vous freinez. Moi, j’accélère», revendique l’un. Face à un troupeau de cent sangliers, il assure en avoir tué vingt en deux collisions. La justice l’a condamné, et il a perdu des vaches, abattues en représailles. «On est contraint de se mettre hors la loi, regrette un autre. Ce n’est pas normal. Il suffit pourtant de tuer des laies.» Mais les chasseurs refusent. Et les Robins des champs se désespèrent : «On lutte contre un lobby. On n’aurait jamais imaginé que ce serait aussi compliqué. Avant, on chassait tous. Maintenant, ça se fait rare. C’est notre seul tort.»

Comme source de leurs tracas, ils dénoncent des «chasses business» où les adjudicataires font «de l’élevage», nourrissant les sangliers pour offrir de beaux tableaux à leurs clients. «La Meuse est un département pionnier pour ces chasses et l’administration ne fait rien. Après, faut pas s’étonner quand certains pètent les plombs», dit cet agriculteur.

La «culture des chasseurs»

Sans moyens ni volonté politique, les autorités ont peur de taper du poing sur la table. Colère des Robins des champs : «Ils n’ont pas compris la situation. Ils doivent arrêter l’élevage. Ceux qui en font ne contrôlent plus rien. Et on doit se soumettre à leurs désirs? Mais on n’est pas leurs serfs, c’est passé ce temps-là ! On veut bien accepter les dégâts des animaux sauvages, pas ceux créés par les animaux d’élevage.»

Un argument devrait pourtant motiver les chasseurs pour mieux réguler l’espèce : l’argent. Les dégâts aux cultures sont indemnisés par leurs fédérations dans chaque département. Elles ont déboursé 38,2 millions d’euros sur la dernière période annuelle connue (juillet 2010 à juin 2011) ; 85% de ces indemnisations, uniquement financées par les chasseurs, sont dues aux sangliers. Et la somme augmente.

Mais selon Benoît Guibert, responsable à la Fédération nationale des chasseurs (FNC) du grand gibier et des dégâts, les surfaces agricoles touchées restent stables. Si la facture augmente, c’est à cause de l’envolée des cours des denrées agricoles. Les situations sont très contrastées. Certaines fédérations payent 150 000 euros par an, d’autres (Meuse, Côte-d’Or, Meurthe-et-Moselle, Vosges) 1,5 à 2 millions d’euros. Il y a des «points noirs». «10% des communes concentrent trois quarts des dégâts», indique Benoît Guibert (FNC). Soit 3 000 communes. «Sur 90% du territoire, il n’y a pas de dégâts, ou des dégâts supportables», estime-t-il. Le nœud du problème est bien la culture des chasseurs. «On les a entretenus pendant des années dans l’idée qu’il fallait préserver la population, voire la faire augmenter. Maintenant, on leur dit : "Vous inversez"», explique François Klein, chef du centre d’études cervidés-sangliers à l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

Il faudrait qu’ils tirent toutes les bêtes, sans trier. Car viser uniquement les mâles et les jeunes est «inefficace pour réduire les effectifs», rappelle le plan national de maîtrise du sanglier élaboré sous Borloo en 2009. Il faut tuer des mères, «ce n’est pas un drame, vous ne devez pas vous poser de question sinon, demain, vous serez débordés», leur conseille Klein. Le sanglier est une espèce «explosive» : la population peut doubler d’une année sur l’autre. Chaque femelle peut faire trois portées de 5 à 6 marcassins sur deux ans. C’est pourquoi il faut les viser. Le plan Borloo appelait à «redéfinir la notion d’éthique derrière laquelle se retranchent de nombreux responsables de chasse pour limiter le tir des animaux adultes». Mais des sociétés de chasse continuent d’infliger des amendes à ceux qui tuent les laies. Le «frein» n’est pas que «psychologique», rappelle Klein : des fédérations «verraient d’un mauvais œil que la population diminue». La FNC évoque, elle, la «dégénérescence cynégétique» : les chasseurs vieillissent, sont moins actifs, moins nombreux. Il y a trente ans, on en comptait 2,5 millions. Il en reste 1,25 million, record d’Europe. Mais la baisse est de 2 à 3% par an.

Le problème le plus délicat concerne le «productivisme cynégétique». Ces chasses «business» où, décrypte Benoît Guibert, «les chasseurs disent : "OK, je veux bien payer 1 500, 2 000, 3 000 euros ou plus par an mais je veux faire du tableau".» C’est pourquoi on y entretient des troupeaux. Et comme l’indemnisation des dégâts agricoles est mutualisée entre tous, les chasseurs «business» ne les supportent pas en proportion de leur responsabilité. Les autorités estiment qu’il faut «bannir» ces réserves, mais leur recommandation reste aussi théorique que les incitations à tuer plus. «Ce n’est pas parce qu’on demande plus de prélèvements qu’on va les réaliser, constate Benoît Guibert, de la Fédération nationale. Il faut l’adhésion des chasseurs.» A défaut, on peut demander des battues administratives. «Mais quand un préfet en ordonne une ou deux, c’est le bout du monde. Si on tue 150 ou 200 bêtes, ça ne suffit pas.»

Les promesses du plan Borloo, appliqué depuis 2010, «n’ont pas été tenues», ont protesté la FNSEA, principal syndicat d’exploitants agricoles, et les Jeunes Agriculteurs, le 12 octobre. Ils réclament que l’on tienne les engagements pris alors : «Des battues administratives ou bien un assouplissement des règles de chasse.» Car les agriculteurs «ne peuvent plus accepter que leur travail soit saccagé».
«Ça traîne un peu», reconnaît François Klein. Qui positive : «On n’a pas résolu le problème, mais on l’a posé, ce qui n’était pas le cas avant.» Mais, pour lui, «on ne peut pas espérer inverser la tendance en deux ans». Il propose de faire le point en 2015. Trop tard, pour les Robins des champs : «L’administration nous dit qu’il faut lui laisser un peu de temps. Mais ça fait quinze ans que ça dure !» L’association conteste le nourrissage, cette pratique qui consiste à déposer régulièrement des aliments pour maintenir les sangliers à un endroit précis. Quand il est dissuasif, pour les éloigner des cultures agricoles, il est vertueux. Mais quand il sert à fixer des populations pour les chasser, il doit être prohibé.

Dans la Somme, Xavier Crêté constate : «Il y a eu des endroits où on leur "bennait" des camions de maïs. Les sangliers étaient sur les tas et ne bougeaient plus. C’était du gavage, des porcs qu’on engraisse.» Il affirme que, dans sa région, c’est fini. Mais des élevages perdurent ailleurs. Parfois, ils servent au repeuplement. Inutile, d’autant que «l’origine génétique des animaux n’est pas toujours connue», note le plan de maîtrise du sanglier. Certains sont hybrides, des «cochongliers». «Ce type de pratique interdite doit être systématiquement combattu», affirme le plan.

Des pistes existent néanmoins pour combattre la surpopulation. Un rapport européen publié en juin (2) préconise d’agir dans trois directions : un nourrissage dissuasif «bien ciblé», une pratique de tirs «moins restrictive» et une pratique agricole «plus réfléchie». Car les agriculteurs ont aussi leur responsabilité : à force d’augmenter les surfaces ensemencées, ils offrent gîte et couvert aux sangliers, puis en pâtissent. Le rapport recommande d’allonger la période de chasse, comme en Allemagne et au Luxembourg. Outre-Rhin, le nombre de sangliers tués par km² est «l’un des plus hauts d’Europe». Avec 326 000 chasseurs, le tableau annuel allemand est équivalent à celui de la France, qui compte quatre fois plus de fusils. L’Allemagne a aussi réussi à faire coopérer chasseurs, agriculteurs et gestionnaires de terres. En Basse-Saxe, on applique un concept dénommé «paix dans la forêt-feu sur le terrain» : si les bêtes sortent des bois, on aménage des couloirs dans les cultures afin de les attirer pour les tuer. Néanmoins, l’Allemagne n’a pas réglé le problème de la surpopulation.

Aucune solution miracle n’existe, sauf à accepter «une période de prélèvement intensif transitoire, le temps de ramener les populations à un niveau équilibré». En France, les esprits n’y sont pas prêts. Pourtant, dit Xavier Crêté, «il suffit de tuer des grosses laies, et la population descend très vite». C’est ce que proposent les Robins des champs : «Au moment de la vache folle, on nous a bien tués des troupeaux entiers», indiquent-ils.

«Une école d’humilité»

Retour en Somme, un dimanche matin. Le président de la chasse précise d’emblée : «On ne tue pas les laies.» Son raisonnement ? «OK, on vous dit qu’il y a trop de sangliers. Mais les laies, c’est l’avenir. Cet automne, il y a eu moins de fructification forestière. Donc l’an prochain, il y aura moins de sangliers.» Où sont-ils, les diables, ce matin ? Durs à trouver. A peine lâchés, les chiens se trompent de cible et coursent des chevreuils. Il faut les chercher en camionnette à 4 km.
La chasse est finie, les sangliers sont restés planqués, ou partis se faire flinguer sur la chasse d’à côté. «C’est pas une science exacte , philosophe Xavier Crêté. Ils rayonnent sur 2 000 hectares, on a chassé sur 50. C’est une école d’humilité, où le sanglier commande.» Coursé par des chiens, il les fera tourner une heure en bourrique avant d’effectuer «un change» consistant à envoyer à sa place un plus petit ou un chevreuil : «Le plus gros donne le plus petit au chien.» A défaut d’en tirer, on se rabat sur la terrine de sanglier, qu’on déguste dans le froid, assis sur des ballots de paille. Les verres de pinard, pas besoin de les chasser : ils se remplissent tout seuls. Xavier Crêté savoure. Il se voit bien mourir «à 80 ans sur le dos d’un sanglier», la dague à la main.


1) Pour prélever des bêtes, le détenteur du droit de chasse doit acheter des bracelets de marquage numérotés, correspondant aux animaux autorisés par son plan de chasse.

2) «L’Explosion démographique du sanglier en Europe». Eurpean Landowners Organization (ELO). Juin 2012.

Haute-Marne : Litige autour de l'agrainage des sangliers

Les chasseurs haut-marnais en appellent à la justice pour contester un arrêté préfectoral qui s'oppose à la nutrition des sangliers afin de les éloigner des terres agricoles (l'agrainage).
 
 





L'année dernière, 500 hectares ont été endommagés par les sangliers en Haute-Marne.
Pour éviter cela, les chasseurs désirent recourir à l'agrainage. C'est-à-dire : donner de la nourriture aux sangliers pour les éloigner des champs afin de limiter leurs dégâts. Chaque année, la fédération des chasseurs doit indemniser les agriculteurs.

Un agrainage contrôlé permettrait de limiter les dégâts des animaux dans les champs. Leurs virées nocturnes s'apparentent parfois à un véritable labour.
Du coup, la fédération des chasseurs indemnise les agriculteurs à hauteur de 1,5 million en moyenne par an sur ces 10 dernières années.

Sur un quota de 14.500 sangliers à abattre, on est à seulement 40% de l'objectif atteint, alors que plus de la moitié de la saison de chasse est passée.

Pour l'administration, les chasseurs doivent avant tout aller chercher le sanglier là où il est.
En provoquant des rassemblements d'animaux, l'agrainage risquerait aussi de favoriser la propagation de maladies comme la tuberculose présente plus au sud de la France.

Les chasseurs ont donc lancé une pétition et contestent l'arrêté préfectoral au tribunal administratif en espérant une décision rapide. La saison de chasse se termine dans 2 mois.
 
 
 

Un chasseur en colère

 

 
 
 
 


Les sangliers ont provoqué 3,5 millions de dégâts en Alsace en 2012

 

Depuis 2008, année d’adoption dans le Bas-Rhin d’un système de mutualisation des dégâts de sanglier plutôt défavorable aux chasseurs de plaine, Léon Rapinat se bat pour le principe « responsable-payeur ».

 

 
Il loue une chasse de plaine à Betschdorf sans un seul hectare boisé. Sur son lot, les sangliers sortis de la forêt de Haguenau voisine ont causé pour 127 € de dégâts. « Et on me demande de payer 1 595 €», râle Léon Rapinat. Secrétaire général de l’union cynégétique d’Alsace, créée en 1990 « pour combler un vide entre les instances et les chasseurs de base », il s’oppose depuis plusieurs années au fonds d’indemnisation des dégâts de sangliers du Bas-Rhin, promoteur selon lui d’un système profondément injuste où les « bons » payent pour les « mauvais ». Avec cinq autres chasseurs, il a gagné une première bataille en obtenant de la justice l’annulation de certaines décisions concernant les contributions mais le FIDS a fait appel.
« Sur ma chasse, il n’y a quasiment pas de dégâts parce que je suis 10 mois sur 12 dehors. Ça fonctionne, quand vous faites votre boulot ». Ceux qui n’aiment pas sortir quand il fait nuit (le tir de nuit est autorisé en zone de peste porcine au nord-est de l’A 4), quand il fait froid, quand il pleut, ceux qui « élèvent » des sangliers, « ceux-là sont les vrais fautifs et ce sont eux qui devraient payer ».

Forêt contre plaine

Ils sont plusieurs à penser comme lui, et d’autant plus nombreux que le prix des dégâts à rembourser augmente.
Le problème remonterait à l’origine du FIDS, créé en Alsace-Moselle par la loi pour garantir aux agriculteurs le remboursement des dégâts commis par les sangliers. Émanation du syndicat général des chasseurs en forêt, les statuts « ont été faits sur mesure pour eux en leur donnant plus de voix qu’aux chasseurs de plaine qui représentent pourtant en surface les deux tiers des chasses en Alsace ».
Il dénonce la pratique illégale, mais bien réelle si l’on en juge les annonces postées sur internet, de chasses commerciales « où il faut bien garantir du sanglier au client, sinon il ne reviendra plus l’année d’après ». Il peste contre l’agrainage, même dissuasif car généralisé. « Qu’est-ce qu’on va dissuader dans la forêt du Donon » ?
La solution tient en deux mots : tir et responsabilisation. « Il faut une réduction drastique des sangliers en imposant une obligation de résultats ». Ramener par la régulation la densité des sangliers « à 3 pour 100 ha contre 6 à 10 actuellement ». Aujourd’hui, la seule sanction, c’est la battue administrative « mais elles sont rares, il y a trop de passe-droits ».
La priorité est de responsabiliser les fauteurs et de répartir les indemnisations par zone de dégâts à partir des points noirs. « Parce qu’avec la responsabilisation, soit vous faites gaffe, soit vous avez les moyens et vous assumez les dégâts ».



Lien :   http://www.dna.fr/environnement/2012/12/22/un-chasseur-en-colere
 

Mobilisation autour de l’agrainage !!!

Sur "CHASSE VOSGES INFOS".


http://chassevosges88.com/category/accueil/




Ce titre n’est pas de nous, mais celui d’un article édité dans la revue » NOS CHASSES de décembre 2012″, qui développe le compte rendu d’une très récente assemblée rassemblant quelques 400 chasseurs dans la salle des fêtes de Chaumont, venus écouter les responsables cynégétiques de cinq Fédérations de l’Est détailler ce qu’ils ont obtenu en matière d’agrainage et apporter leur soutien à celle de la haute-marne, leur voisine , qui se bat pour récupérer le droit d’agrainer, supprimé par le Préfet au mépris du schéma de gestion cynégétique.
Après détails donnés sur , par exemple , l’absence cette année de fruits forestiers, champs de maïs plus nombreux avec des parcelles non moissonnées au 1er . Novembre en raison de l’humidité , Administration ignorant ce » détail , » Chaque responsable apporte son avis :
M. Thomas Corvasce , Administrateur de la Haute-Marne cite comme exemple de la mauvaise mesure du non agrainage « L’expérience des Vosges »!!
M.Michel Thomas, Pdt. de la Fédération de La Meuse développe son plan de gestion qui a commencé par un nourrissage de dissuasion encadré, en l’absence de fruits forestiers, en condamnant fermement le nourrissage, pour, après rétablissement d’une population de sangliers acceptable, pratiquer un agrainage durant la période d’ouverture , sauf sur les points noirs, ou les prélèvements sont déraisonnables. Pour terminer en insistant sur le danger de voir les fédérations mises en faillite à cause des dégâts qui ne seraient pas maîtrisés par l’interdiction d’agrainer en l’absence de fruits forestiers.
Un discourt identique a été prononcé par M.Jacky Desbrosses , Pdt. de la Fédération de la Marne et de la Région.
M.Robert Putz, Pdt. de la Haute-Saône déclarait notamment sur l’agrainage : »Nous avons mis sur pied une charte qui a été bien perçu par le monde agricole parce que elle permet de distribuer du maïs durant la période d’ouverture si l’agrainage est pratiqué toute l’année. »
M.Claude Mercuzot, Pdt. de la Fédération de L’Aube résumait en déclarant: » Chez nous, pas de problème avec les organisations agricoles, qui se sont déclarées d’accord avec notre point de vue quand il s’est agi de l’agrainage. »
M. Michel Monot, Secrétaire de la Fédération de la Côte- D’or , souligne l’interdiction d’agrainage,à cause de la tuberculose bovine transmissible aux sangliers, cervidés,etc.. et ce,malgré tout leurs efforts de collectes de viscères , fonds versés pour des études que l’administration avait décidé de mettre sur pied,acceptation de réductions des populations sur les zones infectées, pour ce faire attributions de bracelets gratuites, etc…Tout cela pour voir s’étendre sur des zones non infectées l’interdiction d’agrainer. La Fédération que préside M.Pascal Sécula a donc décidé d’attaquer l’arrêté du Préfet de Côte- D’or en référé.
Dans ce bref résumé d’un article couvrant une page complète de cette intéressante revue,
NOUS AVONS HELAS CONSTATE L’ABSENCE DE REPRESENTANTS DE LA FEDERATION VOSGIENNE.
Tous les départements voisins étaient représentés, soucieux de limiter les dégâts financiers consécutifs aux dégâts agricoles, tous solidaires. Soucieux de l’avenir de leurs partenaires, leurs territoires et de la poursuite de leur loisir, leur chasse.
Mais Nous ? Grande inconnue ! Pourquoi faire mieux quand on peut faire pire direz- vous ! Avec tous nos représentants , pas un seul ne pouvait être présent à cette assemblée ? Aucun ne se souci de notre avenir ? Seule notre présence financière à un intérêt ? Et si un jour……On avait besoin de nos voisins ? , d’un petit coup de mains,?
Un coup de mains pourquoi faire ? Allons,Allons……. Nous sommes les plus forts,!!!!! Nous sommes les Meilleurs.!!!??? Est-ce là votre réponse Mrs. nos dirigeants ?

à lire la suite sur le lien
http://chassevosges88.com/mobilisation-autour-de-lagrainage/

Meuse : quotas de sangliers à la hausse









27.11.12 à 05h30

Meuse : quotas de sangliers à la hausse


Population de suidés en hausse et recrudescence de visites de terres céréalières ces dernières semaines ont encouragé les chasseurs, les agriculteurs et la préfecture à élargir le plan de chasse.




La saison de chasse bat son plein mais comme le laissaient présager les observations du printemps et les comptages de l’été, la population de sangliers a fortement augmenté.
Les enseignements des saisons 2008-2009 où le gibier avait provoqué d’importants dégâts dans les cultures ont été tirés.
Pour ne pas revivre la même situation de tension avec le monde agricole, des réunions ont été organisées en préfecture avec le président de la Fédération de chasse de la Meuse, Michel Thomas, et le président de la Chambre d’agriculture, Jean-Luc Pelletier. Ces entrevues étaient d’autant plus importantes qu’une recrudescence des « attaques » a été déjà observée durant le mois d’octobre et ces derniers jours dans les secteurs traditionnellement les plus à risques suscitant l’agacement du monde agricole.

2.695 bracelets de plus

Si le volume des dégâts sur les récoltes 2012 s’est inscrit pour le moment dans la même tendance à la baisse que lors des deux précédentes années, il n’est pas question de laisser la situation dégénérer alors que les semis de céréales d’hiver commencent à sortir. D’autant que les éléments à risques sont plus nombreux : la fructification forestière faible cette année pousse les animaux vers la plaine pour se nourrir et après le coup de gel de février dernier qui a détruit les dernières céréales d’hiver, les cultures de maïs sont, cette année, plus importantes.
Le plan de chasse 2012-2013 a donc été réexaminé. Avec à la clef une sérieuse augmentation du volume de suidés à éliminer. « La première attribution était d’environ 15.860 sangliers. Nous avons décidé de l’augmenter de 2.695 bracelets au prix réduit de 20 € au lieu de 73 € en moyenne. Le challenge est de prélever plus pour un coût moindre par bête afin d’être moins embêté dans les années à venir.
Aujourd’hui, nous avons limité le volume de dégâts et il faut que cela continue. L’envolée des prix des céréales pèse de plus en plus sur nos finances. Compte tenu des observations de population et de dégâts depuis le début de la saison, nous faisons le pari d’éliminer davantage. Et cela avant même les demandes supplémentaires de décembre qui se feront aussi au prix de 20 €. Nous avons aussi tenu compte des spécificités des massifs en appliquant un pourcentage progressif. Ainsi, nous avons augmenté de 10 % pour la classe 4, 15 % pour la classe 3, 20 % pour la classe 2 et 25 % pour les secteurs les plus problématiques en classe 1 », explique Michel Thomas. Avec une préférence de distribution des bracelets aux territoires situés à l’intérieur et en périphérie des secteurs les plus sensibles.
En choisissant d’anticiper et de revenir à des prélèvements dignes de ceux d’il y a deux ans, la Fédération de chasse, la Chambre d’agriculture et la préfecture, dans le cadre de la Commission départementale de la chasse et de la faune sauvage (CDCFS), jouent le pari de l’apaisement et de la responsabilité. Selon Michel Thomas, les chasseurs, ayant bien conscience que l’année est atypique, ont plutôt bien accepté cette nouvelle donne.


 http://www.estrepublicain.fr/meuse/2012/11/27/sangliers-quotas-a-la-hausse

Cerfs, chevreuils, sangliers : un équilibre savant face à la régénération naturelle des forêts


http://www.canalacademie.com/ida9055-Cerfs-chevreuils-sangliers-un-equilibre-savant-face-a-la-regeneration-naturelle-des-forets.html
 
  
 
« un compromis entre le responsable forestier, le chasseur et l’agriculteur, conditionné parallèlement par le climat et le milieu »
 
 
Émission proposée par : Elodie Courtejoie

Référence : ecl760


Adresse directe du fichier MP3 :
http://www.canalacademie.com/emissions/ecl760.mp3

Date de mise en ligne : 16 septembre 2012
 

Cerfs, chevreuils, sangliers : un équilibre savant face à la régénération naturelle des forêts

avec François Klein, de l’ONCFS à la direction des études et recherches des cervidés-sanglier
L’équilibre sylvo-cynégétique est un équilibre savant à combiner entre les populations d’animaux et les habitats forestiers. Sont concernés, les cerfs, les sangliers, les chamois ou encore les chevreuils, des espèces sauvages qui permettent la régénération naturelle et durable de la forêt mais qui au-delà d’un certain seuil provoque l’inverse. Au cours de cette émission en coproduction avec l’ONCFS, François Klein nous détaille les difficultés à maintenir un fragile équilibre entre ces animaux sauvages, la régénération des forêts et l’exploitation qui en est faite par l’homme.

Le métier de François Klein consiste à trouver les indicateurs permettant de caractériser l’équilibre entre les forêts et la faune sauvage, élément qui varie beaucoup rapidement sur le plan local. Si la population d’ongulés augmente, les essences de plantes habituellement consommées diminuent, voire même disparaissent.
Mais notre invité préfère utiliser le terme de « compromis » plutôt que d’équilibre : « un compromis entre le responsable forestier, le chasseur et l’agriculteur, conditionné parallèlement par le climat et le milieu ». Car les espèces végétales qui préoccupent les hommes sont avant tout celles économiquement importantes.
Difficile de donner des effectifs précis de cerfs, chevreuils et autres sangliers. Seule certitude, « les ongulés ont explosé en 40 ans en France avec des coefficients multiplicateur allant de 3 à 10 selon les espèces. Nous sommes aux environs de 500 000 chevreuils aujourd’hui en France avec une progression constante même si on a observé une stagnation dans les années 2000. Même chose pour les cerfs. On en prélève en France un peu plus de 50 000 par an aujourd’hui, contre 10 000 dans les années 1970 ». Quant aux sangliers, les chasseurs en prélèvent désormais 500 000 par an.
Chevreuils








Chevreuils
© Pierre Matzke

Pour expliquer cette explosion démographique, il fait revenir quelques années en arrière. Après la Seconde guerre mondiale, le nombre d’ongulés baisse considérablement, pour des raisons évidentes de pression de chasse très forte. En 1963, il est décidé de mettre sur pied un plan de chasse, avec des périodes de chasse spécifique et surtout des autorisations de prélèvement par arrêté préfectoral et avec la mise en place de système de bague.
« Dans les années 1960-1970, le plan de chasse a eu un effet très positif car il a limité les prélèvements et les populations ont augmenté rapidement. Une autre mesure à consisté à capturer un certain nombre d’individus pour les réintroduire dans des espaces où ils avaient disparus. C’est le cas des cerfs pour lesquels la moitié d’entre eux sont issus d’une réintroduction dans le Sud de la France » rappelle le chercheur. Mais aujourd’hui, ce même plan de chasse doit permettre de juguler ces populations qui se sont considérablement développées.
Cerf








Cerf
© Pierre Matzke

« A l’ONCFS d’imaginer les bonnes mesures » nous dit François Klein, mais pas évident à mettre en œuvre dans un climat souvent conflictuel entre les chasseurs et les agriculteurs. « Les chasseurs ont la responsabilité de maintenir ces populations sauvages comme un patrimoine, mais qui cause des dégâts pour les agriculteurs et forestiers. Le préfet cherche un équilibre entre les deux parties, mais c’est une paix sociale, pas une solution technique » poursuit-il. Outre la régulation par la main de l’homme, les espèces animales s’auto-régulent aussi, mais dans un temps plus long. C’est l’objet des recherches menées en commun entre l’ONCFS et le CNRS, sur la dynamique de ces populations sauvages. Au delà d’un certain seuil de population, la nourriture se raréfie et affecte tout à la fois la reproduction et la survie. « Dans certains cas, le manque de nourriture peut affecter le poids d’un tiers. La fécondité va ralentir et la survie aussi. La population, affaiblie, devient également plus sensible aux épidémies. C’est ce qu’on appelle le phénomène de « densité - dépendance » ». Si les jeunes chevreuils prélevés sont en dessous des courbes habituelles, c’est un indicateur de densité forte. Si par ailleurs la consommation d’espèce végétale est très affectée, c’est un deuxième signe. « Nous préconisons une gestion adaptative de ce type, basée sur le suivi de relevé que nous appelons « indicateur de changement écologique » ».
Bouquetin








Bouquetin
© Christine Saint-Andrieux

Si des mesures au jour le jour peuvent être réalisées pour connaître en temps réel les dynamiques de population des ongulés, peut-on envisager une gestion à plus long terme, sur plusieurs années ? Difficile de répondre, car à tous les facteurs évoqués en amont doivent être ajouté celui du changement climatique. « Les événements exceptionnels du type canicule ou tempêtes seront à l’avenir beaucoup plus fréquents. Les canicules ont déjà affecté les populations de chevreuils en 2003 et 2005. La question que l’on se pose, c’est de savoir si le monde de la chasse pourra stabiliser les populations de demain. Car la dynamique de population de ces animaux est beaucoup plus forte qu’on ne le pense. Mais encore une fois, les problèmes se posent localement ». Le cerf est en effet absent dans 50% de nos forêts françaises, mais là où il est présent, il est en surnombre dans 10 à 15% des cas. Même chose pour le sanglier, espèce explosive qui se multiplie très rapidement et occasionne beaucoup de dégâts. « Seules 3 à 5% des communes sont actuellement fortement impactées par la présence du sanglier ».
Sanglier








Sanglier
© Pierre Matzke

François Klein est chef de projet à l’ONCFS à la direction des études et recherches sur les sangliers et les cervidés.


LE NOUVEAU SCHEMA DEPARTEMENTAL DE GESTION CYNEGETIQUE.

  

logofdc SDGC : 10 juillet 2012 - 10 juillet 2018.

Il a été évoqué et voté à la dernière assemblée générale qui s’est tenue à Madine le 14 avril 2012.

Il a également été présenté en Commission Départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage, pour être proposé à la signature de Madame le Préfet pour début juillet 2012. Celle-ci vient de le signer officiellement le 10 juillet 2012 en présence des membres de la commission départementale invités ce jour-là. Il fait l’objet de l’arrêté préfectoral n°2012-3307.

Ce document est applicable aux chasseurs pendant six ans (soit jusqu’en 2018), après qu’une large concertation avec les agriculteurs, forestiers, propriétaires, associations de chasse spécialisées, comités départementaux de randonnées pédestres ait eu lieu, soit pratiquement une vingtaine de réunions depuis l’automne 2011.

Nous avons souhaité faire un bilan de l’ancien Schéma en mesurant les points positifs et les points négatifs, et en proposant, pour ce futur document, des allègements pour rendre ainsi plus simple la pratique de la chasse.

http://www.fdc55.com/images/stories/SDGC/sdgc55_complet_v2012_07_10.pdf



Du mieux! mais reste à voir son application et son respect sur le terrain... !!

Des sangliers en soins intensifs au CHU de Nancy


Les sangliers toujours présent sur la banlieue de Nancy.

à lire...

Dans le 54 ; des tirs de nuit


En Meurthe et Moselle : Tirs de nuit du sanglier sur le mois de Mai.









Comme quoi ! tout est possible si l'on veut !... les résultats aussi !!!
à lire sur :
http://fr.calameo.com/read/00044033583231581387c