Les maires de communales rurales boisées s’inquiètent.

LOISEY-CULEY : Blog officiel de l'ACCA








Nous avons pu avoir connaissance d’un projet de pétition dû à l’initiative de plusieurs maires de communes disposant d’un patrimoine forestier, s’opposant à la distribution actuelle trop généreuse de bracelets sangliers, risquant selon elles d’éradiquer le sanglier dans les forêts communales et de mettre ainsi en péril leurs finances constituées par la location élevée de droits de chasse, précisément grâce à l’attrait de sangliers abondants, gibier devenu à la mode chez les chasseurs.



Effectivement, une forêt riche en sangliers se louera mieux et plus cher que vide ou peu garnie.



Ce raisonnement ayant fait flamber les baux de chasse en 2004 est aujourd’hui remis en question non pas à cause de la crainte de voir les sangliers moins nombreux, mais bien au contraire de l’être trop.



Il ne faut pas oublier qu’en 2004, année de référence, les chasseurs n’ont pas hésité à payer cher alors que le tableau moyen annuel oscillait autour de 12500 animaux.



Aujourd’hui, ils paient toujours le même prix locatif majoré de l’inévitable indexation alignée sur celle des baux ONF pour tuer en 2008 : 19371 sangliers, un record absolu.



Donc pour un prix accepté en 2004 sur un tableau moyen connu, aujourd’hui les chasseurs ont un boni gibier de prés de 5000 pièces, pas de quoi se plaindre vraiment.



Si l’administration ayant pris le relais d’une fédération défaillante distribue « à tour de bras » des milliers de bracelets, là aussi pas de quoi crier « au loup », il s’agit simplement de recadrer sur la base de 2004 et de remettre les pendules à l’heure.



A cette simple remise en ordre, les maires des communes forestières s’inquiètent bien à tort.



Toutefois, où elles peuvent se poser des questions dés à présent, c’est à l’échéance générale des baux prévue vers 2016 ou parfois au fil des années quand les dites communes ne se sont pas alignées sur les dates choisies par l’ONF le chef d’orchestre en la matière.



Une opportunité intéressante par exemple lorsqu’un détenteur de droits de chasse entend demander le bénéficie de la fusion entre un lot domanial et communal.



Parce qu’entre temps d’autres paramètres sont apparus.



La crise économique atteignant en premier les budgets loisirs dont celui de la chasse en particulier. On se serrera la ceinture dans le ménage pour continuer à prendre des vacances, mais pas pour la chasse.
La suppression des jachères, le développement de la culture intensive et principalement de semences sensibles, d’où l’explosion des factures dégâts de gibier entrainant un coût de bracelet de plus en plus élevé avec des contraintes nouvelles telles que la clôture des parcelles à risques. Bien souvent à charge des sociétés communales où les bois sont entourés de plaine, alors qu’en domaniale c’est moins ressenti.
Le coût de plus en plus élevé de l’entretien des filets et sommières.
Si le chasseur dans un premier temps s’est réjoui de l’augmentation constante de sangliers au tableau, il en a oublié la facture qui un jour ou l’autre vous est présentée.



Certaines forêts traditionnellement vides de tous sangliers depuis des décades comme les forêts de Ligny en Barrois, la Chalade et combien d’autres se sont vues peuplées progressivement afin de devenir des recordâmes du taux de prélèvement aux 100 ha, non pas par génération spontanée, mais à coup de sacs ce maïs.



On a transformé des déserts en vallées fertiles grâce à ce nouveau mode d’irrigation.



Pis encore, si dans le passé une forêt était dite à sangliers et se louait cher, aujourd’hui toutes sont devenues à sangliers par ce biais, on ne loue donc plus une forêt dans laquelle vit une population de sangliers nourrie par sa production naturelle de glands et de faines, on loue désormais un dortoir dont la salle à manger se trouve chez le paysan du coin, à charge pour lui de cultiver pour ces nouveaux pensionnaires.



Et, comme il n’est pas un « resto du cœur », c’est tout naturellement qu’il présente l’addition.



Si bien qu’aujourd’hui dans le budget global du chasseur, il y a eu transfert de charges.



Au montant initial des locations s’est ajouté une facture toujours plus croissante de dégâts, et comme la crise est intervenue entre temps, les budgets ne sont pas extensibles, tout naturellement ces frais nouveaux se retrancheront un jour ou l’autre du montant locatif.



Cette analyse démontre que les communes ont intérêt à ce que les populations de sangliers de leurs forêts soient maitrisées, la chasseur ne pouvant plus à la fois payer des locations et des frais de bracelets dont parfois le montant approche le locatif.



Par ailleurs, et surtout dans les communes rurales, la révolte des agriculteurs gronde devant les excès de bêtes noires dans leurs récoltes, la commune ne peut tout de même pas se « faire du fric » sur le dos de ses exploitants locaux.



Et encore moins, louer au meilleur prix la chasse locale à des étrangers, venant un jour par semaine exercer leur passion, et repartir vers leur domicile lointain en faisant un bras d’honneur au sortir du village à toutes les victimes de leur plaisir majoré à coup de tonnes de maïs.

Parce que louer cher, c’est simple, le chasseur moderne se dit que payant 2 fois trop cher, il fera encore du bénéfice car il multipliera par 4 la population sangliers grâce à l’agrainage et bien mieux va devenir un négociant en viande en revendant les carcasses, si bien que la chasse lui coûtera finalement 4 fois moins cher.

Reste à savoir si ces pratiques sont saines et dureront longtemps.



Les « Robins des Champs » ont commencé à remettre les pendules à l’heure, et il se dit à mot à peine couverts en haut lieu que grâce à eux, « il a été possible d’ouvrir les yeux ».



A cela s’ajoute un autre paramètre cette fois irréversible, le vieillissement des populations de chasseurs et surtout celle des décideurs.



Il va devenir de plus en plus difficile de trouver des « clients » pour louer les forêts.



Le profil type du preneur se situe dans la cinquantaine, capable de mener à terme un bail de 12 années, d’être solvable afin de produire une caution bancaire, pas toujours facile à obtenir par les temps actuels.



Or, les cheveux gris, voire les cranes ras sont les plus nombreux aux assemblées de chasseurs.



En 2020, il nous est dit que la population chasseurs va passer de 1 500 000 à 700 000. Dramatique, où trouver les preneurs pour louer à bon prix, mais surtout les fusils pour éliminer tout ce trop plein de sangliers si on ne commence pas de suite.



L’administration en est consciente, avec le plan gouvernemental, elle a pris position puisque les chasseurs et leurs fédérations n’en ont pas été capables.



Le seul hiatus est qu’elle tape à tort et à travers. Ses connaissances de la chasse se limitant à des statistiques et non au terrain.



Quoi qu’il en soit, elle démontre ainsi la carence des chasseurs : ne pas avoir pris en compte suffisamment tôt l’ajustement du prix du bracelet sanglier avec la prévisible augmentation naturelle des dégâts de gibier, liée à la culture intensive et « l’urbanisation du sanglier » et bien entendu l’explosion des populations favorisée par les « business chasses » ces fusions exagérées de lots domaniaux et communaux conduisant à l’industrialisation de la chasse genre « made in Pologne », pour l’instant les filles en moins.



A tricher et s’obstiner à ne pas considérer la réalité de la situation, au lieu d’un bracelet au juste prix c'est-à-dire cher contrebalancé par moins de sangliers, on a choisi une formule démagogique à savoir : puisque vous ne voulez pas payer le bracelet 30 % plus cher on vous en donnera 30 % de plus. Cela reviendra au même.



Pour certaines chasses « business » le prix de revient de la masse bracelet se situe encore dans les 30% de la masse locative, mais dans les petites sociétés et ACCA le 50% est atteint quand elles louent et parfois plus, quand celles-ci ne payant pas ou peu de locations, c’est du 100%.



L’avenir nous le dira. Mais pas besoin d’être devin pour le savoir.



La chasse aux sangliers va s’adjoindre de celle de la traque du locataire solvable, durable et surtout responsable, respectueux de l’environnement maitrisant la faune sauvage et particulièrement celle du sanglier, capable de répondre localement aux attentes des exploitants lesquels n’entendent plus être « exploités » et considérés garde manger des chasseurs étrangers irresponsables et injoignables.



Nous avons eu l’écho que la distribution euphorique actuelle de bracelets était destinée « acheter la paix sociale ». A notre avis, le meilleur partenaire est celui se trouvant sur place et om ne faut pas « l’étrangler » avec des baux trop chers pour lui éviter la tentation de jouer aux 3X8, vous savez ces machines chers à l’achat qu’il faut faire tourner jour et nuit pour l’amortir.

Trois fois plus cher = trois fois plus de sangliers = même prix, mais qui paie le reste ???



La chasse au gaspi s’impose désormais.